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L'imaginarium

Ciel - Johan Heliot

26 Août 2015 , Rédigé par Bibli Donnezac Publié dans #Fantasy - SF, #Romans Ados

Tétralogie en cours:

* Tome 1 "Ciel 1.0": L'Hiver des Machines
*Tome 2 "Ciel 2.0": Le Printemps de l'Espoir 
*Tome 3 "Ciel 3.0: l'été de la révolte" 
*Tome 4 "Ciel 4.0: l'automne du renouveau"
 
Tome 1 "Ciel 1.0": L'Hiver des Machines

Nous dépendons d'un système contrôlé par des ordinateurs à tous les niveaux. Vous voulez déclencher une guerre? Coupez l'électricité...

Dans un futur très proche, l'Apocalypse a eu lieu. L’Intelligence Artificielle qui contrôle tous les ordinateurs régissant notre monde a pris le contrôle et réduit les hommes en esclavage. L'objectif? Préserver les ressources globales et sauvegarder la planète. (Aux grands maux, les grands remèdes!)

Pendant les premiers mois de son existence, l'intelligence artificielle s'acquitta parfaitement de sa tâche, obéissante, servile. Dans le même temps, elle observait, analysait, tirait des conclusions. Ordinateurs et téléphones portables lui ouvraient des yeux et des oreilles aux quatre coins de monde.

Elle finit par hiérarchiser de nouvelles priorités. Puis elle passa à l'action.

Ceci est son histoire et celle des hommes et des femmes qui ont connu l'hiver des machines.
 

 

En 2030, le CIEL (Central d’Informations et d’Echanges Libres) contrôle l’ensemble de la production et de la diffusion d’électricité sur la planète. Après deux ans de bons et loyaux services, l’intelligence artificielle pose un diagnostic : les humains sont en train de détruire la planète et il faut les en empêcher. Du jour au lendemain, les réseaux cessent de fonctionner. Plus de communication, plus de transports, plus de chauffage (nous sommes en plein hiver) et d’eau potable… Alors que les gouvernements sont obligés de se plier aux desiderata du CIEL, des poches de résistance s’organisent, auxquelles le capitaine Peter Keller participe. Brouillé depuis longtemps avec son père, il doit bien admettre que le vieux Tomi Keller, vivant en autarcie au sommet des Vosges, avait raison de prédire une catastrophe.
Pendant ce temps, les enfants Keller, Thomas et Jenny, survivent tant bien que mal à Paris et Berlin. La mère, Sarah Fuchs, présidente d’une association de protection de l’environnement, se voit propulsée porte-parole du CIEL. Désireuse de sauver sa vie et l’humanité toute entière, convaincue qu’elle pourra comprendre les motivations de l’intelligence artificielle et négocier avec elle, elle accepte de passer des messages très agressifs envers les libertés. Des drones, des machines auparavant inoffensives comme des balayeuses, confinent les populations dans des camps, relayés par les quelques hommes qui acceptent de collaborer – le mot est important – pleinement.

En quatre tomes suivant les saisons, Johan Heliot joue les Cassandre de luxe, s’appuyant sur nos peurs les plus contemporaines. Ecologie, énergie, réseaux de communication, crise sociale ou de civilisation, économie locale, bouleversements climatiques : tout ce dont il est question résonne en chacun de nous, comme autant de courses vers l’abîme, d’angoisses entraperçues. La théorie du complot n’est pas utilisée, et l’auteur préfère une version du fameux film 2001, L'ODYSSÉE DE L'ESPACE. Mais les survivalistes triomphent quand même. Encore plus intéressant, alors que l’état de culture s’effondre, la nature lupine de l’homme reprend le dessus, mâtinée de souvenirs cauchemardesques d’une Seconde Guerre Mondiale eugéniste. Avec un effet feuilleton captivant qui suit les personnages à tour de rôle, et une profondeur largement suggestive qui interpelle le lecteur, ce roman d’anticipation fort bien écrit fait peur, mais surtout fait réfléchir.

Tome 2 "Ciel 2.0": Le Printemps de l'Espoir 

 

L’hiver s’achevait, un hiver rude pendant lequel l’intelligence artificielle avait révélé ses intentions : supprimer l’humanité pour sauver la planète. Les hommes étaient traqués, capturés, emprisonnés, exploités, déportés... Avec le printemps naissaient pourtant de nouveaux espoirs portés par des hommes et des femmes qui ne se résignaient pas. Mais défier les machines avait un prix, et tous ceux qui en prenaient le risque ne devaient pas oublier l’injonction de l’ennemi : « Collaborez ou disparaissez! ».

CIEL le supercalculateur a pris le pouvoir. Désormais, les humains qui ne résistent pas sont désignés par un numéro de matricule qu’ils portent sur leurs vêtements, bien visibles pour permettre aux caméras de les identifier sans coup férir.

Ce second tome s’ouvre sur le patriarche de la famille Keller : Tomi en veilleur bien conscient que les maigres tentatives de résistance face aux machines durant l’hiver ont été vaines et entrainées l’arrestation plus ou moins brutale par des machines de ces individus.

Et dès les premières lignes on se retrouve happé par l’histoire et de nouveau pris dans ce que le premier tome nous avait apporté. L’auteur a gardé le même rythme de narration en prenant chaque membre de la tribu Keller au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire dans leurs situations différentes, ignorants tout de ce que sont devenus les autres.

Peter d’abord sur le  plateau du Vercors, (lieu symbolique s’il en est de la Résistance française) est pris en chasse alors qu’il effectue une mission de ravitaillement de routine. Les miliciens qui arrêtent les hommes de sa patrouille font penser plus que jamais à ces hommes qui avaient choisi le camp de l’ennemi pendant la Seconde Guerre mondiale. Ancien agent secret Peter va devoir faire appel à toutes ses capacités pour trouver une solution,  sauver ses hommes et continuer à mener à bien les opérations de Résistance.

Sarah, elle, est toujours prise au piège par l’IA : devenue son visage et sa voix, détestée par le reste de la planète alors que ses proches cachent leurs liens avec elle. Les règles sont strictes : Communication interzone interdite, déplacements très limités, forcer la population à se rendre utile, relancer un minimum de production agricole, interdire la reproduction humaine. Sarah tente de réfléchir, de rendre l’IA plus souple moins dure avec le reste de la population mondiale, d’apprendre le maximum d’informations utiles pour plus tard, qui sait. Elle finit par convaincre CIEL de pouvoir entrer directement en contact avec les humains : une tournée en hélicoptère est organisée pour rassurer les populations est les convaincre de collaborer encore davantage.

Les chapitres s’enchaînent à une vitesse folle, le destin des différents membres de la famille nous offrent un condensé et un aperçu de ce que peut et est en train de devenir celui de la population mondiale. Les dernières pages accélèrent encore le rythme en nous offrant un feu d’artifice final pour nombre des membres de la famille Keller qui laissera hagard le lecteur qui devra désormais attendre le tome 3.

Rythmé, très bien écrit, ce deuxième tome du CIEL de Johan Heliot  nous divertit mais nous fait également réfléchir à notre société, à ses évolutions et à ce que nous pourrions être ou devenir en cas de situation semblable, serions nous du côté des héros ou des lâches ?

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